Lutte contre les gelées aux vergers de la Courtière.

   Un « Dragon » au secours des bourgeons.

Nuits après nuits, les arboriculteurs se battent pour sauver une partie de leurs récoltes futures. Exemple dans le Haut-Anjou aux vergers de la Courtière (chez Mélanie et Jérémy) au Lion d’Angers.

Jérémy passe ses nuits au volant de son tracteur. Derrière lui, une étrange machine verte crache une épaisse fumée qui semble s’accrocher aux arbres. Cette machine porte un nom « Fog dragon » (dragon de brouillard).

De conception hongroise, elle est arrivée cette année chez Mélanie et Jérémy. Un investissement de 16000€  pour eux qui se sont reconvertis dans l’arboriculture pour prendre la suite des parents de Jérémy en Septembre 2018.

Un investissement de taille donc mais réfléchi. « Financièrement, cela revient beaucoup moins cher que d’acheter des bougies. Et écologiquement, c’est aussi meilleur car si, bien sûr, il faut du carburant pour le tracteur, le reste, ce n’est que du foin qui brûle » souligne Jérémy.

Le « dragon  » fonctionne sur le système d’une chaudière biomasse. Une grosse botte de foin y est brûlée, la machine récupère la fumée de combustion qu’elle enrichit avec de l’eau. Cette fumée chaude et alourdie est ensuite pulvérisée dans chaque rang, à raison d’un passage toutes les 20 minutes environ. L’objectif est double : réchauffer l’air ambiant (de 1,5 à 2 degrés) et protéger les bourgeons givrés des premiers rayons du soleil.

Les dégâts étaient déjà faits.

Mardi, sous l’œil averti de son père , Jérémy effectuait son quatrième passage en une semaine. Les deux premiers n’avaient pas eu l’effet escompté.  » On est en phase d’expérimentation, c’est une machine encore un peu innovante, on n’a pas trop de retours. On échange avec d’autres personnes ayant le même procédé, on se donne des conseils. Les deux dernières nuits, j’ai réussi à produire un brouillard satisfaisant mais les dégâts étaient déjà faits. »

Un peu démoralisant

Il faudra attendre plusieurs semaines pour dresse un bilan précis mais les poiriers semblent très affectés, tout comme certaines variétés de pommes et les cerises. Forcément, le moral en prend un coup. « J’avoue que c’est dur, souffle Mélanie. On a beaucoup travaillé à trouver de nouveaux débouchés car on a converti en Bio mais on ne sait pas ce que l’on pourra honorer comme commandes. c’est un peu démoralisant« .

Jérémy , lui, se veut un peu plus optimiste. « C’est à la fin du bal qu’on paie les musiciens. Et on a la chance d’avoir un deuxième petit verger qui, lui, n’a pas gelé. C’est un peu une bouée de sauvetage. On n’aurait pas ça, je serais peut-être un peu plus paniqué. »

Cet épisode de gel conforte en tout cas Mélanie et Jérémy dans leur volonté d’évoluer encore. Evoluer dans sa lutte contre le gel, avec le « Dragon » et en adoptant de nouvelles techniques. Evoluer aussi dans sa production, en continuant à développer le maraîchage pour ne pas avoir tous nos œufs dans le même panier.

 

 

 

 

 

 

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